Mission 5: Nuit blanche

8 Mai 1942

Mer de Corail

Heure: 14h00

Contre-Amiral Fletcher:

Bonjour Messieurs. Un Catalina vient d'être abattu par la chasse nippone à plus de 50 milles de notre position. Il s'agit d'un raid massif de la 5ème Flotte de l'Amiral Takagi. Leur altitude de 13 000 ft les japs foncent sur nous entre un 0° et 320°… Décollage immédiat. Bonne chance Messieurs.

mission_4_2.jpg

Appareils disponibles: 16 F4F-4

Rapport des pilotes

AV_Warpig

Dispo et position: Burger 3 (Riri, Ralf, Warpig, Will)

Statut fin de mission: Mort

Revendications:

  • 1 Kate abattu au nord de la flotte
  • 1 Val en fuite, en compagnie de Lampatex et Ralf

Récit: Déco sur alerte… Notre groupe est chargé de couvrir la zone nord-ouest de la flotte à 15 000 pieds. La patrouille commence quand on entend Gnou annoncer être engagé. Un “Ca devrait aller !” nous amène à poursuivre notre surveillance. J'aperçois quatre contacts qui se dirigent vers la flotte, je les annonce, mais dans la même seconde, le groupe de 2Pattes, dans le même secteur que nous mais 10 000 pieds plus bas, est engagé par l'escorte.

Là, tout devient un peu confus, les remarques fusent à la radio, je prends sur moi d'engager les Val, au moins pour leur faire larguer leurs bombes. J'en engage deux sur des passes rapides, dont un qui largue ses oeufs. Malheureusement, d'autres F4 sont sur eux et les risques de friendly fire / collision sont trop grands. Je prends de l'altitude pour réévaluer la situation.

Et elle n'est pas glorieuse… Nos navires mangent cher. La plupart des appareils ennemis sont passés à travers notre maillage et ils amorcent maintenant leur retour base. Je tombe sur trois Kate, débarrassés de leurs torpilles. Je regarde autour de moi… Je suis tout seul. Tant pis. Je prends celui de droite en frontale et son moteur crache une épaisse fumée grise. Immelman, puis je lui remets une seconde couche qui lui fait sauter un aileron. Le bombardier nippon roule à gauche et plonge vers l'océan, dans lequel il finit sa course.

Je ne poursuis pas les autres, je ne veux pas trop m'éloigner de la flotte. A l'est de celle-ci, je vois deux contacts tenter de fuir. 2Pattes est avec eux. Des Zero ? Non, des Val… 2Pattes et moi engageons ces retardataires. Tex entre dans la danse et alterne les passes avec moi sur l'un d'entre eux. Tex le fait fumer, je le fais refumer, de l'autre côté du fuselage… On s'acharne sur le bougre et Ralf rentre dans le cirque à son tour… Le Val finit par céder faire plouf dans l'océan.

C'est l'heure du RTB… Deux gros panaches noirs marquent l'emplacement de deux de nos porte-avions. Ok, on s'est fait torcher… Heureusement, il en reste un d'intact. J'annonce ma rentrée dans le circuit, je suis en vent arrière main gauche, feux allumés, tôle et train sortis. Coup d'oeil à gauche pour voir le PA passer sous mon aile. Coup d'oeil sur les instruments pour vérifier ma vitesse. Coup d'oeil sur l'horizon… Et la dernière chose que je vois est un moteur de Wildcat de face, en gros plan…

AV_Bolger

Dispo et position: bleu leader, Pecos en 2, et Ice en 3.

Statut fin de mission: crash à quelques centaines de mètres du PA, récupéré miraculeusement par l'équipe de secours.

Revendications: rien de rien.

Récit: Je me suis fait avoir. À force de traîner au fond de mon pieu, à récupérer de la précédente mission en SBD, je me retrouve appelé à la dernière minute en tant que leader de section en F4F-4, pour partir protéger notre flotte sur le point d'être attaquée par des vagues d'appareils japonais détectés par nos radars de bord.
D'ailleurs, quel est le plaisantin qui a eu idée d'appeler notre section Bleu ? Pourquoi pas Bleu bite, pendant qu'on y est ? Enfin, merde, c'est vrai, quoi ?
“De la tour pour Bleu leader, quand vous aurez fini de vous lamenter, vous aurez l'obligeance de faire décoller votre section, voulez-vous ? Les Japs arrivent, et ce n'est pas pour faire du tourisme.”
“Bleu leader, pas de panique, j'essuie le litre de transpiration qui noie mon manche, et je pars, ma section derrière moi.”
Tiens, sympa ce petit F4F, ça décolle vraiment en peu de distance. Par contre, c'est moins drôle de tourner la manivelle pour rentrer le train. La perfection n'est pas de ce monde…
Après décollage sur un cap 350, comme prévu, nous entamons la montée à 5 000 pieds, tandis que la section de Gnou part sur le même cap, mais à 15 000 pieds.
C'est Gnou qui aperçoit le premier les appareils ennemis, presque aussi haut que lui. Ma section est mal, à 6 500 pieds, et se fait allègrement dépasser par deux groupes de quatre Japs en formation serrée, bien au dessus.
Nous partons en direction du premier groupe japonais, que nous ne rattrapons que peu de temps avant qu'il n'arrive au dessus de notre flotte. Pecos semble avoir un peu de mal à me suivre, mais j'ai donné probablement trop peu d'indications de cap et de paramètres moteur pour l'aider vraiment. Désolé Pecos, le chef de section Bolger débute dans ce dur métier de chef. Pourvu qu'il revienne de cette première expérience entier, pour prendre un peu plus confiance pour la suite.
Ralf, de son côté, m'a précédé sur les Japs, et se jette sur eux comme un affamé, en déchainant les tirs des mitrailleurs des Val qu'il attaque. Je fais une première passe en légère plongée de la droite vers les Val. Mais j'arrive un peu tard sur le troisième pour avoir une fenêtre de tir, et je me glisse entre lui et le quatrième Val, dans ses 7 heures bas. Le temps de me positionner et de lâcher une rafale inefficace, j'en prends une d'une d'à peine deux secondes qui me coupe les câbles de commande des ailerons.
Merde, tout ça pour ça, c'est malin. Je lâche l'affaire, et repars vers les combats qui font rage au dessus de notre flotte. Je sais que Ralf et Pecos sont dans le tourbillon d'appareils, au milieu de notre DCA. Etrangement, je n'entends guère Gnou et ses ailiers à la radio, alors qu'ils devraient être sur le même canal que nous. Aurais-je mangé une consigne lors du briefing précédent le décollage ?
Tout en manoeuvrant tant bien que mal grâce au palonnier, j'essaie de trouver des opportunités de tir. Mais ce n'est pas facile, c'est sûr. Aussi, plutôt que de poursuivre les Japs qui ont largué leurs bombes très efficacement, malheureusement pour notre Navy, à en voir les deux colonnes de fumée noire qui émanent de notre flotte, je reste au dessus d'elle, en espérant encore avoir l'opportunité d'un “mission kill”, comme disent les chasseurs, qui limiterait la casse en dessous.
Mais finalement, à cause de cette inefficacité de mes ailerons, je n'ai plus aucune possibilité d'engager sérieusement le moindre appareil ennemi. Voyant que la DCA semble se calmer, je regroupe avec Pecos pour cercler au dessus de notre flotte, au cas où une autre vague se pointerait pour la dernière couche.
Heureusement pour nous tous, les Japs sont tous partis, leur mission (bien) accomplie.
En rebasculant sur le canal alpha, j'entends qu'il y a eu pas mal de casse parmi les autres sections, et que chacun en état de rentrer se pose peu à peu sur le PA qui est resté intact.
La tour nous ayant confirmé la disparition des Japs des écrans radar, je demande à Pecos d'intégrer la ronde pour se poser, maintenant qu'il n'y a plus de risque d'attaque aérienne. en même temps que je m'intègre également en tour de piste main gauche, feux allumés.
Je reste assez au large de notre PA pour mon tour de piste, sachant que l'appontage risque d'être délicat, sans ailerons opérationnels, et j'attends d'être le dernier en vol pour me poser.
Pendant cette attente, j'entends avec horreur Warpig crier à la radio qu'il va percuter un F4F qui lui coupe la route, dans son approche finale. Puis une explosion retentit, et la tour annonce à tout le monde que Pecos a heurté Warpig dans son tour de piste, et que tous deux se sont volatilisés dans un gigantesque éclair très lumineux.
Merde, merde, merde… Quelle chierie… Ma section décolle à trois, Pecos se tue à l'atterro, et j'ai perdu contact radio avec Ice depuis au moins dix minutes, quand il m'indiquait poursuivre deux Japs pour les finir. Je m'attends au pire pour lui aussi.
Bon, il n'en reste plus qu'un chez les Bleu, moi, qu'il s'agit de faire rentrer en un seul morceau si possible. Je me concentre sur une approche finale très longue, qui me laisse le temps de me positionner tranquillement au palonnier dans l'axe du pont de notre PA. Mais malheureusement, j'arrive quelques secondes seulement après un F4F qui se pose correctement, et la tour m'ordonne une remise des gaz pour éviter un second accident d'appontage.
Remise des gaz un peu délicate, puisque j'étais proche de 80 kt quand elle m'a été ordonnée. Et je perds malheureusement le contrôle de mon appareil quand je mets un coup de palonnier un peu trop appuyé pour me dégager de la trajectoire du porte-avion.
Mon avion plonge sur la gauche, je vois arriver les flots très vite, sans pouvoir le redresser réellement. Tout au plus, j'arrive à amortir un peu ma chute. Et… c'est le choc, et le trou noir.
J'entends vaguement des bruits de glou-glou, et il me semble m'enfoncer peu à peu dans un univers que d'aucuns appellent le Grand Bleu. Tiens, quelle ironie, Bleu comme le nom de ma section…
Je reprends finalement mes esprits à bord de notre PA, pour le moins très étonné d'être encore en vie. Et on m'apprend alors que je dois une fière chandelle à l'équipe de secours qui est arrivée quelques dizaines de secondes après mon crash, et à réussi à me sortir du zinc avant qu'il ne m'entraîne dans les profondeurs abyssales.
Tiens, maintenant que je relis mon aventure, je découvre que ce coup sur la tête me fait employer des mots et des tournures de phrases peu usités habituellement par les pilotes de l'aéronavale… Etrange… Cette expérience m'aurait-elle changé ?

AV_Iceman

Dispo et position: bleu 3 (Bolger leader, Pecos 2)

Statut fin de mission: Ejection

Revendications:

  • 2 Val au nord de la flotte

On décolle de toute urgence sur un 350°. Je me demande quand on va pouvoir se reposer un peu ! Bolger est plutôt hésitant et c'est normal pour ce premier lead mais il se démerde tout de même pas mal pour une 1er fois. Pecos quant à lui n'arrive pas à nous rejoindre et nous perd de vue au bout de 3 min de vol. Je préfère ne pas en informer Bolger et voyant Pecos sur ma gauche, je lui demande de prendre un 010° pour nous rejoindre. Je regarde notre cher leader devant moi à 2 bornes et j'essaie tant bien que mal de ramener Pecos qui au lieu de prendre le cap indiqué part plein Ouest: merde et merde ! Je prends un léger virage gauche pour être face à Pecos. On se croise et lui demande aussi sec de virer à gauche et prendre un 0°. Après quelques minutes plein régime on retrouve Bolger qui ne se doute de rien je pense…

La formation est bonne, le groupe de Gnou se trouve un plus haut sur notre gauche. Soudain, 2 formations de 4 appareils bien plus hauts que nous. Bolger nous demande de les attaquer et ont s'exécutent bien volontiers car ces salauds de japs arrivent rapidement sur notre flotte. J'arrive sur un groupe et tire quelques obus: un Val fume noir et tombe doucement vers l'océan mais comme un con je reste dans les 6 des 3 autres et je me prends les balles d'un mitrailleur. Il me touche sérieusement et détruit presque ma verrière avec une dizaine d'impacts. L'air iodé envahi mon cockpit mais j'aurais plutôt besoin d'un bon cigare en ce moment ! Je repasse à nouveau sur ce même groupe et en touche un second, mais je me fais à nouveau touché: plus d'ailerons. Je cercle autour de la flotte et voit 2 bombardiers se barrer. Je décide de les rattraper mais j'ai beaucoup de mal, quand je suis à portée de tir je pars en vrille à nouveau et dois m'éjecter…

Compte-rendu

Historiquement

C'est en fin de matinée que les japonais commenceront leur attaque sur les deux PA américains. Le “Yorktown” est tout d'abord touché par une bombe de 400 kg. Puis c'est au tour du “Lexington” qui moins manoeuvrable, est atteint par 2 torpilles sur bâbord et 2 bombes sur les superstructures et sur l'avant. Celui-ci gîte de 7° mais le navire pourra tout de même récupérer ses appareils au retour de leur mission. Deux heures plus tard, 2 autres explosions surviennent coupant les communications du navire et déclenchant un incendie qui deviendra incontrôlable. Peu avant 20h00, le “Lexington” est coulé par un contre-torpilleur pour éviter qu'il ne tombe aux mains de l'ennemi. La bataille de la mer de Corail fut une première: en effet durant les combats, les 2 flottes ne se voyaient pas et seuls les PA furent engagés. D'un point de vue tactique et matériel les japonais ont eu le dessus mais leurs plans furent ajournés sans toutefois entamé leur potentiel.

les_autruches_en_campagne/les_campagnes/pacifique_iceman/mission5.txt · Dernière modification: 2009/11/04 21:53 par av_iceman
chimeric.de = chi`s home Creative Commons License Valid CSS Driven by DokuWiki do yourself a favour and use a real browser - get firefox!! Recent changes RSS feed Valid XHTML 1.0